Monsieur le Président, pas de rentrée sans garanties sanitaires

Jean-Yves Lalanne maire de Billère, s’adresse au Président de la République

Monsieur le Président, vous avez décidé l’ouverture des écoles, des cantines et des crèches à partir du 11 mai.

Comme des milliers de maires, d’élus, de fonctionnaires et de parents, je dis que ce n’est ni acceptable, ni raisonnable, ni gérable sans toutes les garanties sanitaires.

Il faut effectivement des masques, mais aussi des tests en masse pour le personnel enseignants, le personnel municipal et aussi les enfants. Ce matériel n’est pas garanti ! Ce sont les communes, les collectivités qui en sont réduites à commander, à faire fabriquer des masques dits alternatifs, des visières.

Mais nous parlons de quoi ? De diverses activités d’enseignement à destination de jeunes enfants concentrés dans des salles de classes, des salles de jeux, des cantines, qui ne respecteront pas les fameuses distances sociales à la base de toute la doctrine sanitaire.

Pour tous ces jeunes, ces situations mal maitrisées seront plus stressantes, plus traumatisantes que le confinement.

Mais justement, savez-vous, Monsieur le Président ce que les métiers de puéricultrice, d’enseignant, d’ATSEM, d’agent de restauration scolaire ou d’animateur de temps périscolaire impliquent de promiscuité avec les enfants dans les cantines, les dortoirs, les classes ? Comment penser que les gestes barrières pourront être respectés dans des dortoirs où les lits sont séparés de 30 cm ou dans une cantine qui doit déjà organiser 2 services de restauration pour gérer le flux des enfants en temps normal ?

Le ministre Jean-Michel Blanquer a fait évoluer sa position sur la « rentrée scolaire » avec une progressivité d’ouverture, mais très limitée dans le temps. Seulement quelques jours. De fait l’enseignement ne sera pas réellement assuré et nous aurons donc un « service minimum d’accueil généralisé » pour permettre aux parents salariés d’aller travailler. C’est la principale motivation puisque, ni les garanties sanitaires, ni les programmes ne seront assurés. La preuve en est le maintien de la fermeture des universités. Les étudiants, eux, ils se gardent tout seul.

Le danger est de créer de fait, des foyers de contamination, de propagation du virus et de créer une nouvelle vague tant redoutée qui submergerait les hôpitaux.

Tout cela pour ça ? Pour une période scolaire qui va aller du 11 mai au 15 juin, 1 mois voire 1 mois et demi d’activité scolaire et après qui gardera les enfants ? Le problème sera de nouveau posé. Il vaudrait mieux s’occuper de la fracture sociale et numérique et doter certaines familles de tablettes ou d’ordinateurs portables plutôt que d’improviser une aventure.

La jeunesse quand elle est scolarisée dans des salles de classes, à cause des phénomènes de concentration, devrait être considérée comme une population spécifique à risques comme d’autres population à risques. Elle doit être préservée en l’attente du reflux du virus. Particulièrement si les protocoles sanitaires ne sont pas garantis.

Je préfèrerais savoir combien de centaines de millions de masques, de centaines de milliers de test PCR et sérologiques seront disponibles.

Je préfèrerais savoir où en est-on de la production de matériel médical, de respirateurs.

Je préférerais savoir où ont été prises les décisions de requérir les labo publics et privés pour produire suffisamment de tests.

Il vaut mieux le dire clairement Monsieur le Président , pas de rentrée sans garanties sanitaires

Monsieur le Président, pas de rentrée sans garanties sanitaires
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